Lorsque vous lisez un DPE, deux indicateurs apparaissent presque toujours côte à côte : l’étiquette énergie et l’étiquette climat, aussi appelée étiquette GES. Ils ne mesurent pas la même chose, mais ils servent ensemble à classer un logement de A à G. Comprendre leur différence vous aide à mieux interpréter la performance réelle d’un bien, à repérer une passoire thermique et à anticiper les règles qui s’appliquent en location ou en vente.
À quoi servent les deux étiquettes du DPE ?
Le diagnostic de performance énergétique, ou DPE, évalue un logement selon deux angles complémentaires. L’étiquette énergie mesure la quantité d’énergie primaire consommée par le logement, exprimée en kWh/m2/an. L’étiquette climat mesure les émissions de gaz à effet de serre, exprimées en kg CO2/m2/an. Chacune reçoit une classe allant de A à G, A correspondant à la meilleure performance et G à la moins bonne.
Ces deux étiquettes ont un objectif simple : vous donner une vision plus complète de la performance d’un logement. Un bien peut consommer relativement peu d’énergie tout en émettant davantage de CO2 selon le type d’énergie utilisé. À l’inverse, un logement peut afficher des émissions modérées mais rester énergivore. Le DPE croise donc consommation et impact climatique pour éviter une lecture trop partielle.
L’étiquette énergie : ce qu’elle mesure vraiment
L’étiquette énergie correspond à la consommation d’énergie primaire du logement. Elle tient compte de l’énergie nécessaire pour chauffer, produire l’eau chaude, refroidir le logement ou alimenter certains équipements, selon les caractéristiques du bien. Plus la consommation est faible, meilleure est la note.
Concrètement, cette étiquette vous renseigne sur le niveau de dépense énergétique probable du logement. Elle vous aide à comprendre si le bien est sobre ou, au contraire, s’il risque d’être coûteux à chauffer ou à utiliser au quotidien. Elle est donc particulièrement utile si vous comparez plusieurs logements avant un achat ou une location.
La lettre obtenue ne dit pas seulement si le logement est confortable ou non. Elle traduit aussi sa capacité à limiter les pertes d’énergie, ce qui dépend notamment de l’isolation, du système de chauffage, de la ventilation et de la qualité globale du bâti.
L’étiquette climat ou GES : ce qu’elle indique
L’étiquette climat mesure les émissions de gaz à effet de serre du logement, en particulier celles liées aux consommations d’énergie. Elle est exprimée en kilogrammes de CO2 par mètre carré et par an. Ici, l’enjeu n’est pas la quantité d’énergie consommée, mais l’impact environnemental de cette consommation.
Deux logements ayant une consommation proche peuvent donc avoir des étiquettes climat différentes selon l’énergie utilisée. Un système de chauffage plus émetteur de CO2 peut dégrader cette étiquette, même si la consommation n’est pas extrême. C’est la raison pour laquelle l’étiquette climat est essentielle dans la transition énergétique des logements.
Elle vous permet d’identifier un bien qui peut sembler correct sur le plan de la consommation, mais qui reste pénalisant en matière d’émissions. Cette nuance est importante, car un logement mal noté sur le climat peut être concerné par les mêmes enjeux réglementaires qu’un logement mal noté sur la consommation.
Pourquoi la classe finale est la plus mauvaise des deux
Dans le DPE, la classe finale affichée sur le document n’est pas une moyenne. Elle correspond à la plus mauvaise des deux étiquettes, énergie ou climat. Autrement dit, si un logement obtient une bonne note en énergie mais une mauvaise note en climat, c’est la moins bonne des deux qui s’impose pour la classification finale.
Ce fonctionnement évite qu’un bien soit trop favorablement noté sur un seul critère alors qu’il présente un défaut important sur l’autre. Il reflète aussi une logique simple : un logement doit être performant à la fois sur le plan de la consommation et sur celui des émissions. Si l’un des deux points est faible, la performance globale est dégradée.
Cette règle explique pourquoi certains logements sont classés plus sévèrement que ce que leur consommation seule pourrait laisser penser. Elle explique aussi pourquoi il faut toujours lire les deux étiquettes et ne pas se contenter de la lettre finale.
Comment lire un DPE sans se tromper
Pour bien interpréter un DPE, vous devez regarder plusieurs éléments en même temps. La lettre finale donne une vision rapide, mais les deux étiquettes détaillent les raisons de la note. Un logement classé D peut, par exemple, avoir une consommation encore correcte mais des émissions plus élevées, ou l’inverse.
Voici quelques réflexes utiles :
- Comparez toujours la classe finale avec les deux étiquettes détaillées.
- Vérifiez si le point faible concerne l’énergie ou les émissions.
- Lisez le logement dans son ensemble, en tenant compte de l’isolation et du système de chauffage.
- Gardez en tête qu’un logement F ou G est une passoire thermique.
Le DPE est aussi un document opposable depuis juillet 2021. Cela signifie qu’il engage la responsabilité du diagnostiqueur et, selon le contexte, celle du vendeur ou du bailleur. Il doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié et figurer dans les annonces de vente et de location. Pour mieux comprendre son rôle global, vous pouvez consulter notre page dédiée au DPE.
Ce que ces étiquettes changent pour la location et la vente
La distinction entre énergie et climat n’est pas seulement théorique. Elle a des effets concrets sur la location et la vente. Depuis la loi Climat et Résilience, les logements classés G sont interdits à la mise en location depuis le 1er janvier 2025, les logements F le seront à partir du 1er janvier 2028 et les logements E à partir du 1er janvier 2034. Ces échéances concernent la classe finale du DPE, donc la plus mauvaise des deux étiquettes.
En parallèle, les loyers des passoires thermiques, c’est-à-dire des logements F et G, sont gelés depuis le 24 août 2022. Cela signifie qu’il n’est pas possible d’augmenter le loyer dans les cas concernés. Là encore, la lecture du DPE est déterminante, car la réglementation s’appuie sur la classe finale.
En cas de vente, un audit énergétique est obligatoire pour les logements F et G depuis avril 2023, et pour les logements E depuis 2025. Cet audit vient compléter le DPE et aide à identifier les travaux possibles. Si vous êtes concerné par une mise en location, vous pouvez aussi consulter les règles du DPE en location.
Que faire si votre logement est mal noté ?
Si votre logement affiche une mauvaise étiquette énergie, une mauvaise étiquette climat, ou les deux, la première étape consiste à comprendre l’origine du problème. Les causes les plus fréquentes sont une isolation insuffisante, un chauffage peu performant, des équipements anciens ou une ventilation mal adaptée. Le DPE peut alors servir de point de départ pour prioriser les travaux.
La rénovation énergétique n’a pas pour seul objectif de gagner des lettres. Elle vise aussi à réduire les consommations, améliorer le confort thermique et limiter les émissions de gaz à effet de serre. Dans ce cadre, MaPrimeRénov’ constitue l’aide publique principale à la rénovation énergétique. Selon la nature du projet, elle peut accompagner une partie des travaux, mais les modalités varient et doivent être vérifiées au moment du projet.
Avant de lancer des travaux, il est utile de demander un diagnostic complet de la situation du logement et de hiérarchiser les interventions. L’isolation, le chauffage et la ventilation doivent être pensés ensemble pour obtenir un résultat cohérent. Un logement peut parfois progresser sur l’énergie, sur le climat, ou sur les deux à la fois, selon les travaux réalisés.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l’étiquette énergie et l’étiquette climat ?
L’étiquette énergie mesure la consommation d’énergie primaire du logement, tandis que l’étiquette climat mesure ses émissions de gaz à effet de serre. Les deux sont notées de A à G, mais elles ne décrivent pas le même aspect de la performance du bien.
Pourquoi la classe finale du DPE est-elle la plus mauvaise des deux ?
Le DPE retient la moins bonne des deux étiquettes pour éviter qu’un logement soit surévalué sur un seul critère. La classe finale reflète donc à la fois la consommation et l’impact climatique du logement.
Un logement peut-il être bien classé en énergie mais mal classé en climat ?
Oui, c’est possible. Dans ce cas, la classe finale sera celle de l’étiquette la plus défavorable. C’est pourquoi il faut toujours regarder les deux indicateurs avant d’acheter ou de louer.