Pendant la canicule qui a marqué l'été 2026, un constat surprend de nombreux propriétaires : un logement classé A ou B au DPE peut malgré tout devenir invivable en été. Le diagnostic de performance énergétique a d'abord été conçu pour réduire les besoins de chauffage en hiver, pas pour garantir un confort en cas de forte chaleur. Voici pourquoi une bonne étiquette énergétique ne protège pas automatiquement de la surchauffe, et ce que révèlent les études récentes sur ce sujet.
Le DPE, un outil pensé pour l'hiver
Le DPE classe les logements de A à G en fonction de leur consommation d'énergie primaire et de leurs émissions de gaz à effet de serre. Historiquement, ce diagnostic a surtout été construit pour évaluer les besoins de chauffage, à une époque où les vagues de chaleur intenses et répétées n'étaient pas encore la norme en France. Un logement classé A ou B est donc avant tout un logement qui consomme peu d'énergie pour se chauffer, ce qui n'implique pas nécessairement qu'il reste frais lors d'un épisode caniculaire.
Un logement très bien isolé peut ainsi obtenir une excellente note tout en offrant un confort d'été médiocre. Sans protections solaires efficaces, sans bonne orientation ou sans inertie thermique adaptée, un bâtiment performant sur le plan énergétique peut rapidement devenir inconfortable pendant les fortes chaleurs. Pour mieux comprendre ce que signifient les différentes classes du diagnostic, vous pouvez consulter notre article DPE A, B, C, ce que signifie un logement performant.
Le phénomène de la bouilloire thermique
L'expression bouilloire thermique désigne un logement qui accumule la chaleur et peine à s'en débarrasser, quelle que soit sa classe énergétique. Selon une étude menée par Pouget Consultants et l'Alliance Ignes à partir de données de l'Ademe, la moitié des logements français seraient concernés par ce phénomène, c'est à dire insuffisamment adaptés aux fortes chaleurs.
Ce constat touche aussi les logements les mieux notés. Selon un article publié en juillet 2026, jusqu'à 30% des logements classés A pourraient se comporter comme de véritables bouilloires thermiques lors des épisodes de canicule, avec des intérieurs pouvant dépasser 40 degrés. Ce chiffre ne provient pas d'une étude nommée précisément par la source qui le rapporte, mais il illustre une réalité déjà documentée ailleurs : la note énergétique seule ne suffit pas à juger du confort réel d'un logement en été.
Un nouvel indicateur, le confort d'été
Face à cette limite du DPE, un indicateur complémentaire appelé confort d'été a été introduit dans le diagnostic et dans l'audit énergétique. Il repose sur cinq critères. Deux d'entre eux sont considérés comme prépondérants : l'isolation de la toiture et la présence de protections solaires, comme des volets ou des brise-soleil, sur les fenêtres exposées à l'est, au sud ou à l'ouest.
Si l'un de ces deux critères prépondérants fait défaut, par exemple une seule fenêtre exposée au sud sans protection solaire, l'indicateur bascule au rouge, sauf si l'ouverture concernée fait moins de 0,7 m². Trois critères additionnels permettent ensuite de nuancer le résultat : l'inertie thermique du bâtiment, le caractère traversant du logement, et la présence de dispositifs de brassage d'air comme des ventilateurs de plafond. Deux de ces trois critères doivent être remplis pour que l'indicateur passe au vert, signe d'un bon confort d'été.
Neuf logements sur dix mal préparés à la chaleur
Selon une étude publiée en juin 2026 par le syndicat Ignes, neuf logements sur dix sont aujourd'hui présentés comme mal adaptés aux fortes chaleurs par cet indicateur de confort d'été, et ce quelle que soit leur étiquette énergétique, de A à G. Ce constat illustre bien que la performance hivernale et le confort estival sont deux problématiques distinctes, qui ne se recoupent que partiellement.
L'indicateur reste toutefois perfectible. Dans une maison ancienne aux murs épais isolés par l'intérieur, par exemple, l'inertie thermique du bâtiment peut ne pas être correctement valorisée, en raison de règles de calcul pensées avant tout pour le confort hivernal. Pour approfondir la méthode de calcul du diagnostic, vous pouvez consulter notre article comment est calculé le DPE, la méthode 3CL.
Que faire si votre logement surchauffe malgré une bonne étiquette
Si votre logement est bien classé au DPE mais devient difficilement supportable en été, plusieurs pistes existent, indépendamment de votre étiquette énergétique. Améliorer l'isolation de la toiture, installer des protections solaires extérieures sur les façades exposées, ou encore favoriser la ventilation naturelle en profitant de la fraîcheur nocturne peuvent réduire sensiblement la sensation de chaleur, sans attendre une rénovation complète.
Ces travaux ne modifient pas nécessairement l'étiquette énergétique affichée dans le DPE, mais ils améliorent concrètement le confort du logement pendant les épisodes de canicule, qui deviennent plus fréquents et plus précoces dans l'année. Vous pouvez consulter la performance énergétique de votre commune sur la carte de CarteDPEFrance.fr.
Certains gestes simples et peu coûteux complètent utilement ces travaux : fermer les volets et rideaux dès le matin sur les façades exposées au soleil, aérer tôt le matin ou tard le soir quand l'air extérieur est plus frais, et limiter les apports de chaleur intérieure, comme l'usage prolongé du four ou d'appareils électroniques, aux heures les plus chaudes de la journée. Ces réflexes ne remplacent pas des travaux d'isolation ou de protection solaire, mais ils peuvent nettement atténuer la sensation d'inconfort en attendant une rénovation plus complète.
Un sujet qui devrait prendre de l'ampleur
Avec la multiplication des épisodes de canicule ces dernières années, la question du confort d'été s'impose progressivement comme un complément indispensable au DPE traditionnel. Les professionnels de l'immobilier s'attendent à ce que cet indicateur pèse de plus en plus dans les décisions d'achat ou de location, au même titre que l'étiquette énergétique historique.
Questions fréquentes
Un logement classé A au DPE peut-il vraiment devenir une bouilloire thermique ?
Oui. Le DPE évalue avant tout la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre, pas le confort en cas de forte chaleur. Un logement performant peut donc surchauffer en été s'il manque de protections solaires ou d'inertie thermique adaptée.
Qu'est ce que l'indicateur de confort d'été dans le DPE ?
C'est un indicateur complémentaire au DPE, basé sur cinq critères dont deux prépondérants, l'isolation de la toiture et les protections solaires sur les fenêtres est, sud et ouest. Il classe le logement en rouge, jaune ou vert selon le confort estival attendu.
Combien de logements sont mal adaptés aux fortes chaleurs en France ?
Selon une étude Ignes de juin 2026, neuf logements sur dix sont présentés comme mal adaptés aux fortes chaleurs par l'indicateur de confort d'été, toutes étiquettes énergétiques confondues.
Améliorer le confort d'été change-t-il l'étiquette du DPE ?
Pas systématiquement. Des travaux comme l'ajout de protections solaires ou l'amélioration de l'isolation de la toiture peuvent nettement améliorer le confort réel du logement en été sans forcément modifier son étiquette énergétique globale.