Quand vous lisez un DPE, vous voyez deux dimensions distinctes : la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre, souvent appelées GES. Cette seconde donnée correspond à l’empreinte carbone du logement liée à son usage, en particulier au chauffage, à l’eau chaude et, selon les cas, à la climatisation. Comprendre ce bilan carbone vous aide à mieux interpréter la performance réelle d’un bien, à anticiper les contraintes de location et à prioriser les travaux de rénovation énergétique.
Que mesure l’étiquette climat du DPE ?
L’étiquette climat du DPE mesure les émissions de GES d’un logement en kilogrammes de CO2 par mètre carré et par an. Elle complète l’étiquette énergie, qui évalue la consommation en énergie primaire. Le DPE classe les logements de A, très performant, à G, très énergivore. L’étiquette finale affichée est la plus mauvaise entre l’étiquette énergie et l’étiquette climat. Autrement dit, un logement peut consommer relativement peu d’énergie tout en étant mal classé s’il émet beaucoup de CO2.
Cette distinction est importante, car deux logements ayant des consommations proches peuvent avoir des impacts climatiques différents selon l’énergie utilisée. Un système de chauffage alimenté par une énergie fortement émettrice de CO2 dégrade l’étiquette climat, même si le confort thermique reste correct. À l’inverse, un logement bien isolé et équipé d’un mode de chauffage plus sobre obtient plus facilement une meilleure classe.
Pourquoi les émissions de GES comptent autant ?
Les émissions de GES ne servent pas seulement à mesurer l’impact environnemental d’un logement. Elles jouent aussi un rôle concret dans sa valeur d’usage et sa conformité réglementaire. En France, les logements classés F ou G sont considérés comme des passoires thermiques. Ces biens subissent des contraintes croissantes en matière de location et de rénovation.
Depuis le 24 août 2022, les loyers des passoires thermiques, c’est-à-dire les logements F et G, sont gelés : vous ne pouvez pas augmenter le loyer dans les cas concernés par cette règle. Par ailleurs, la loi Climat et Résilience interdit progressivement la mise en location des logements les plus énergivores : les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les logements F le seront à partir du 1er janvier 2028, puis les logements E à partir du 1er janvier 2034.
En pratique, plus les émissions de GES sont élevées, plus le logement risque de se retrouver dans une classe défavorable au DPE. Cela peut freiner une vente, compliquer une location et rendre des travaux de rénovation énergétique plus urgents.
Comment un logement émet-il des GES ?
Les émissions de GES d’un logement proviennent principalement de l’énergie consommée pour le faire fonctionner. Cela inclut le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la ventilation et, dans certains cas, la climatisation. Le niveau d’émissions dépend à la fois des besoins du logement et du type d’énergie utilisé.
Un logement mal isolé aura besoin de davantage d’énergie pour maintenir une température confortable. Si cette énergie est fortement émettrice, les émissions de GES augmentent encore. À l’inverse, une bonne isolation limite les besoins et réduit mécaniquement le bilan carbone du logement. C’est pourquoi l’enveloppe du bâtiment, les fenêtres, l’état de la toiture ou des murs ont un impact indirect mais majeur sur les émissions.
Vous pouvez retenir une règle simple : moins un logement a besoin d’énergie pour être chauffé, et moins cette énergie est carbonée, plus son étiquette climat a des chances d’être favorable.
Comment lire correctement le DPE et son bilan carbone ?
Pour comprendre les émissions de GES d’un logement, vous devez regarder l’étiquette climat, mais aussi la classe globale. Le DPE est opposable depuis juillet 2021, ce qui signifie qu’il engage la responsabilité du diagnostiqueur et du vendeur ou du bailleur. Il doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié et figurer dans les annonces de vente et de location.
Un DPE réalisé depuis juillet 2021 est valable 10 ans. Les DPE établis avant juillet 2021 ne sont plus valides. Si vous envisagez de vendre ou de louer, il est donc essentiel de vérifier la date du diagnostic avant de vous appuyer sur ses résultats.
Pour aller plus loin sur le fonctionnement général du diagnostic, vous pouvez consulter notre guide pour comprendre le DPE. Vous y trouverez les bases de lecture des classes, des étiquettes et des seuils utilisés.
- L’étiquette énergie mesure la consommation du logement.
- L’étiquette climat mesure ses émissions de GES.
- La classe finale correspond à la plus mauvaise des deux.
- Une classe F ou G correspond à une passoire thermique.
Quel impact pour la vente, la location et la rénovation ?
Les émissions de GES ont des conséquences très concrètes sur le marché immobilier. Lors d’une vente, le DPE doit être communiqué à l’acheteur potentiel et il influence souvent la perception du bien. Si le logement est classé F ou G, un audit énergétique est obligatoire pour la vente depuis avril 2023. Cet audit devient aussi obligatoire pour la vente des logements classés E depuis 2025. Il permet d’identifier des pistes de travaux pour améliorer la performance globale du bien.
Pour la location, le sujet est encore plus sensible, car la réglementation interdit progressivement la mise en location des logements les plus émetteurs. Si vous êtes bailleur, vous devez donc vérifier si votre bien est concerné par une future interdiction ou par le gel du loyer. Pour mieux cerner ces obligations, vous pouvez consulter la page dédiée au DPE obligatoire en location.
En rénovation, l’objectif est double : réduire les besoins énergétiques et diminuer les émissions de GES. Cela passe souvent par des travaux d’isolation, l’amélioration de la ventilation, le remplacement d’un système de chauffage ancien ou la modernisation de l’eau chaude sanitaire. MaPrimeRénov' est l’aide publique principale à la rénovation énergétique et peut accompagner ces démarches, selon votre situation et la nature des travaux.
Si votre logement est déjà classé F ou G, vous avez intérêt à étudier rapidement une stratégie de rénovation cohérente. Les travaux les plus efficaces sont généralement ceux qui réduisent durablement les pertes de chaleur avant d’agir sur le système de chauffage. Une rénovation bien pensée améliore souvent à la fois la classe énergie et la classe climat.
Comment agir pour réduire les émissions de GES de votre logement ?
Réduire les émissions de GES ne consiste pas seulement à changer d’équipement. Il faut d’abord comprendre d’où viennent les pertes et quelles améliorations ont le plus d’impact. Un diagnostic sérieux peut mettre en évidence les priorités, notamment si votre logement est ancien, peu isolé ou chauffé avec une énergie fortement émettrice.
Voici les leviers les plus fréquents :
- améliorer l’isolation des murs, de la toiture ou des planchers lorsque cela est pertinent ;
- limiter les déperditions par les menuiseries si elles sont très dégradées ;
- adapter ou remplacer le système de chauffage ;
- optimiser l’eau chaude sanitaire ;
- vérifier la ventilation pour éviter les pertes et conserver un bon confort d’usage.
Le bon ordre des travaux dépend du logement. Dans certains cas, un changement d’équipement sans isolation préalable apporte des gains limités. Dans d’autres, une intervention ciblée suffit à faire baisser le niveau d’émissions et à améliorer la classe du DPE.
Questions fréquentes
Quelle différence entre consommation d’énergie et émissions de GES ?
La consommation d’énergie indique combien le logement utilise d’énergie pour fonctionner. Les émissions de GES indiquent l’impact carbone de cette consommation. Un logement peut peu consommer mais émettre davantage s’il utilise une énergie plus carbonée.
Un logement peut-il être bien isolé mais mal classé en climat ?
Oui. Si le logement est peu isolé ou chauffé avec une énergie fortement émettrice, sa classe climat peut être défavorable. L’étiquette finale du DPE retient toujours la plus mauvaise des deux étiquettes.
Que faire si votre logement est classé F ou G ?
Si votre logement est classé F ou G, il s’agit d’une passoire thermique. Vous devez anticiper les contraintes de location, vérifier si un audit énergétique est nécessaire pour une vente et envisager une rénovation énergétique adaptée pour réduire les émissions de GES.